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sasu et loyer du domicile

De nombreux entrepreneurs choisissent de fixer l’adresse administrative de l’entreprise chez eux pour ne pas avoir à louer un local commercial coûteux dès le lancement de leur activité. Cette option présente des avantages indéniables, notamment une réduction des charges fixes. Mais au-delà de l'économie, une opportunité fiscale intéressante existe pour le dirigeant.

Pour la création de votre SASU, vous vous demandez s’il est possible de louer une partie de votre résidence principale à votre propre société pour en faire le siège social. La réponse est un grand oui. Facturer un loyer à sa société depuis son domicile est une pratique tout à fait légale et permet ainsi de percevoir des revenus.

Mais pour que cette location soit valide aux yeux de l’administration, plusieurs règles strictes doivent être respectées. Cet article vous propose un guide complet pour comprendre ce dispositif. Nous verrons sous quelles conditions vous pouvez louer un espace de votre logement. Nous détaillerons aussi comment fixer le montant du loyer et l'impact direct sur votre fiscalité personnelle.

Les conditions légales pour domicilier son entreprise chez soi

Le siège représente l'identité administrative de votre entreprise. Selon votre situation, c'est cette adresse qui détermine la nationalité de la structure, le service des impôts des entreprises et le tribunal compétent. Mais il ne faut pas confondre le siège social avec le lieu d'exercice de l'activité.

Par exemple, de grands comptes choisissent d'avoir une adresse de siège unique et plusieurs locaux d'exploitation. Pour une petite structure ou une SASU, ces deux notions se confondent très souvent en un seul lieu. Il faut absolument une adresse de domiciliation claire.

Les règles de copropriété et les clauses du bail

Avant de déclarer votre résidence comme siège, vérifiez le règlement de copropriété ou votre contrat de bail. S'installer chez soi est tout à fait légal si aucune clause ne s'y oppose. Si vous êtes locataire, l'accord écrit de votre propriétaire est indispensable pour lui sous-louer une partie du logement. 

Sans cet accord, aucune facturation de loyer n'est possible. Notez toutefois qu'en cas de restrictions (règlement de copropriété ou bail interdisant le siège social), la loi vous autorise à domicilier administrativement votre SASU chez vous pour une durée maximale de 5 ans, mais cette installation devra alors se faire à titre gratuit, sans possibilité de facturer un loyer.

Les restrictions géographiques

Il y a quelques règles locales concernant l’utilisation du logement si vous êtes dans une grande ville. Dans les communes de plus de 200 000 habitants, il est interdit de recevoir une clientèle ou de stocker de la marchandise à votre domicile. Votre résidence reste une adresse administrative. Pour vos rendez-vous professionnels, il faudra envisager de louer un bureau ponctuel ou d'utiliser un espace de coworking.

Le mécanisme de la location d'une partie de son domicile à sa société

Pour signer un contrat de location, vous devez agir sous deux casquettes différentes. D'un côté, vous intervenez à titre personnel, en tant que propriétaire ou locataire de votre logement. De l'autre, vous agissez comme dirigeant et représentant de la société. Il s'agit d'une convention entre vous-même et votre société. L'acte doit être rédigé avec soin pour éviter toute requalification de l'administration fiscale.

Rédaction d’un contrat d’occupation ou de bail 

Il faut un contrat rigoureux pour la mise à disposition d’une partie de son domicile. Ce document définit les modalités de l'occupation des pièces de votre résidence principale par l'entreprise. Voici les détails qui doivent s’y trouver : surface pour l’activité, montant financier de la compensation mensuelle ou trimestrielle, conditions de résiliation et modalités de paiement. Cet écrit est indispensable pour votre comptable et en cas de contrôle de l'impôt.

La surface dédiée à l’activité professionnelle

Vous devez mesurer précisément la surface allouée à votre bureau pour justifier la légitimité du montant demandé. Vous ne pouvez pas facturer l'intégralité de votre logement si vous n'y travaillez que dans une seule pièce. Faites un calcul basé sur le prorata des mètres carrés réellement utilisés pour les besoins de la structure. La location ne pourra porter que sur cette portion exacte.

Prenons un exemple très simple pour illustrer la méthode de calcul acceptée par l'administration. Imaginez que vous utilisiez une partie de son domicile correspondant à 20 % de la superficie globale. Votre charge d'habitation globale s'élève à 1 500 € par mois. La structure pourra légitimement prendre à sa charge un versement mensuel égal à 1 500 € multiplié par 20 %.

Comment fixer le montant du loyer ?

Le montant du loyer à payer par votre SASU ne doit pas être fixé au hasard. L'administration exige que le prix soit totalement raisonnable et conforme aux réalités du marché local. Pour éviter d’appliquer un tarif prohibitif et risquer un redressement fiscal, consultez les prix pratiqués pour la location de bureaux similaires dans votre quartier ou votre commune.

Au fil du temps, les besoins de votre entreprise peuvent évoluer. Si votre volume d'activité augmente, vous pourriez avoir besoin d'occuper une pièce supplémentaire. Toute modification de la surface occupée doit impérativement entraîner une mise à jour du contrat initial. Pensez à ajuster le montant financier de manière proportionnelle et conservez toutes les pièces justificatives pour votre expert-comptable.

Les avantages au niveau de l’impôt pour la SASU

Le versement des loyers constitue une charge d'exploitation directe pour la société. Cela signifie que ces sommes viennent diminuer directement le bénéfice imposable soumis à l'impôt sur les sociétés. Pour une SASU en phase de lancement, chaque réduction de la base taxable permet de préserver de la trésorerie précieuse pour le développement commercial.

La prise en charge des charges de fonctionnement

En plus de la compensation principale, la structure peut prendre en charge une partie des dépenses de fonctionnement courantes. On parle ici des frais réels liés à l'occupation des lieux. Les dépenses concernées incluent notamment les factures d'électricité, de gaz, de chauffage collectif, ou encore les abonnements internet et de téléphone. Le remboursement s'effectue toujours selon la même règle du prorata de la surface utilisée pour votre activité.

L’impact sur les impôts des locaux des entreprises

Fixer son siège chez soi impacte la Contribution Foncière des Entreprises. Le montant de cette taxe locale est directement lié à l'adresse de domiciliation de votre structure. Même si vous travaillez depuis votre domicile, la structure devra s'acquitter d'une cotisation minimale basée sur la surface déclarée.

La fiscalité personnelle du dirigeant et la déclaration des loyers perçus

Pour le dirigeant à titre personnel, les sommes reçues ne sont pas neutres. Vous devez déclarer chaque loyer perçu dans votre déclaration personnelle de revenu. Ces gains entrent directement dans la catégorie des revenus fonciers. A ne pas confondre avec vos rémunérations de président. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'optimisation de vos gains en tant que dirigeant, lisez notre article sur le calcul du salaire en SASU.

Le choix entre régime micro-foncier et réel

Vous avez deux options pour l’impôt sur le revenu, selon le montant annuel que vous encaissez : le régime micro-foncier pour des gains fonciers inférieurs à 15 000 € par an, le régime réel pour une plus grosse somme ou au cas où vos charges réelles seraient très élevées. 

Dans le cadre du régime micro-foncier, vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire automatique de 30 %, et l'impôt n'est calculé que sur 70 % des sommes perçues. Quant au régime réel, il vous permet de déduire les frais réels exacts comme les intérêts d'emprunt ou les taxes foncières proratisées.

Le paiement des prélèvements sociaux

Il ne faut pas oublier que les revenus fonciers subissent une double taxation. En plus de l'impôt sur le revenu, ils sont soumis aux prélèvements sociaux au taux global actuel de 17,2 %. Ces prélèvements s'ajoutent à votre tranche marginale d'imposition. Effectuez toujours des simulations précises pour vous assurer que l’opération est fiscalement avantageuse à l’échelle de votre foyer.

Les pièges à éviter

Si vous occupez votre logement en tant que locataire, sachez que le fait de sous-louer une partie de votre espace à votre structure sans accord écrit est une faute grave. Cela peut entraîner la résiliation immédiate de votre bail par le bailleur. 

Prenez donc le temps d'envoyer un courrier recommandé à votre propriétaire pour lui expliquer clairement votre projet. La transparence est votre meilleure alliée pour sécuriser votre activité à long terme.

L’importance d’une couverture d’assurance adaptée

Travailler depuis son espace privé implique des risques spécifiques pour votre matériel et vos responsabilités professionnelles. Votre contrat d'habitation classique ne couvre généralement pas les sinistres liés à une exploitation commerciale. 

Il faut absolument prévenir votre assureur de la présence de votre structure à cette adresse. Pour protéger efficacement votre activité et vos équipements professionnels, l'idéal est de souscrire un contrat dédié, comme détaillé dans notre guide sur l'assurance en SASU.

Consultez un expert-comptable pour sécuriser votre démarche

Chaque situation personnelle et patrimoniale est unique. Le choix de verser un loyer à sa structure présente de vrais atouts, mais requiert une excellente gestion administrative et comptable. 

Avant de mettre en place les virements automatiques, demandez l'avis d'un expert-comptable ou utilisez les services d'accompagnement d'un site spécialisé. Seul un professionnel saura vraiment valider vos calculs de prorata et s'assurer de la parfaite conformité de vos documents.

Perspectives sur la gestion du domicile en SASU

Mettre son domicile à sa société pour y fixer son siège social est une excellente stratégie pour démarrer une activité tout en limitant ses dépenses. Le versement d'un loyer offre une opportunité d'optimisation très intéressante, à condition toutefois de faire preuve de rigueur dans l'établissement des contrats et le respect des règles fiscales.

Il faut simplement arbitrer de façon pragmatique entre les différentes options. La facturation d'un loyer réduit le bénéfice imposable de la SASU, mais cela génère de l'impôt personnel. À l'inverse, la mise à disposition gratuite simplifie les démarches à la création, mais elle supprime toutefois l’entreprise de cet avantage fiscal.

Si vous envisagez la création de votre entreprise, n'hésitez pas à vous faire guider. Des plateformes spécialisées comme Contract Factory vous accompagnent pas à pas dans toutes vos démarches administratives pour concrétiser votre projet sereinement, dans le parfait respect de la législation en vigueur.

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